Paris, 16 juin 1881 : La Chambre des députés vote la gratuité de lécole primaire.
France, 2 octobre 1882 : Première rentrée de lécole obligatoire et gratuite.
Le principe de gratuité de lenseignement public est inscrit dans la constitution française.
Cependant, pour les parents délèves résidant à létranger, de façon permanente ou temporaire, on est très loin du compte, tant il est vrai que, 118 ans après, Jules Ferry et ses lois sont toujours inconnus dans nos établissements à létranger relevant de lAgence pour lenseignement du français à létranger (AEFE) et que le service public déducation relève, quant à lui, du mirage Dès lors, un nombre toujours croissant de familles nest plus en mesure dacquitter les frais de scolarité et doivent donc renoncer à inscrire leurs enfants à lécole française.
Pour prendre lexemple que nous connaissons le mieux, lécole française de Taipei, au titre de lannée scolaire 2000-2001, na que 81 élèves, alors quelle pourrait doubler son effectif si tous les enfants français en âge de scolarisation y étaient inscrits. Avec des coûts de scolarisation allant de 75 000 FF à 96 000 FF par an (taux de change utilisé FRF 1 = NT$ 4,15), même avec des bourses, le choix de lécole française est quasi impossible pour les Français locaux vivant sur des salaires locaux. Les entreprises françaises elles-mêmes réfléchissent à deux fois avant denvoyer à Taiwan des expatriés avec un ou plusieurs enfants, ce qui augmente dautant les frais dexpatriation.
Ce problème nest pas unique à Taiwan, ainsi que le constate Monique Cerisier ben Guiga, sénatrice des Français établis hors de France, dans son rapport sur « lexclusion sociale dans les communautés françaises à létranger », « un tiers des enfants immatriculés fréquente une école française. Lévolution sociologique augmente chaque année le nombre délèves défavorisés pour lequel le système élitiste de lAEFE nest plus adapté La lutte contre lexclusion scolaire doit être prioritaire. Elle passe par un meilleur financement public du réseau de lAEFE, notamment par une prise en charge plus importante des salaires des enseignants qui représentent 80 à 90 % du budget des écoles »
« La place dun pays sur la scène internationale est étroitement dépendante de sa capacité à exploiter et à valoriser les atouts économiques, sociaux, culturels et humains dont il dispose », souligne par ailleurs, un récent rapport du Conseil économique et social sur lexpatriation. Dans cette perspective, indique le même rapport, il convient de rechercher des solutions qui placent la présence française, particulièrement faible par rapport aux autres grandes nations industrialisées, à un rang nettement supérieur. La présence de la famille semble être un facteur positif dintégration et de stabilité des salariés expatriés. Encore faut-il que celle-ci trouve, dans le pays daccueil, des conditions favorables pour la scolarisation de ses enfants.
Lécole de la République, cest-à-dire, lécole de tous, doit permettre à chaque enfant français résidant à létranger, et souhaitant fréquenter notre système denseignement, de bénéficier du droit à la gratuité.